ROUTENS TEAM 2012

lundi 9 juillet 2012

Etape du tour Albertville - La Toussuire

Le grand jour est arrivé! Dimanche 08 juillet 2012! L'étape du tour Albertville - La Toussuire et ses 152 kilomètres, 5000 m de dénivelé positif soit 70 kilomètres d'ascension avec la Madeleine, le Glandon, la Croix de Fer, le Mollard et la montée de La Toussuire. Un beau programme! Un parcours taillé pour les grimpeurs. 9000 coureurs au départ!

Le reveil sonne à 4h dimanche matin. Je prends la direction d'Albertville et arrive sur place à 5h15. Je me prépare tranquillement alors que la pluie fait son apparition! Ca sent la galère à plein nez. De l'huile sur les jambes pour limiter la pluie sur celles-ci, je m'habille et prends la direction du 2ème SAS et là surprise je suis l'un des premiers à débarqué! Il y a 2 ans en arrière mon SAS était déjà plein. La pluie semble avoir freiner les coureurs. Je pose mon vélo et me mets à l'abri. La pression monte progressivement à la vue des coureurs qui arrivent dans mon SAS. Je décide alors d'y entrer définitivement. Le départ est donné aux alentours de 07h05 pour notre SAS sous une belle pluie. L'approche du pied de La Madeleine se fait à une allure très rapide, nous rattrapons déjà des coureurs du premier SAS. Je suis derrière un coureur qui zizague un peu trop à mon goût, je le double et 1min plus tard il se met au tas avec un autre coureur. Ouf!

5h du matin! "Only man in the world"

Le stress du départ.

Le pied de La Madeleine se monte vite, je suis mon peloton et décide de lever le pied. Je me retrouve alors avec le champion de France Médias. Puis je fais la connaissance de Jean Eudes Demaret, professionnel chez Cofidis, qui fait l'EDT avec sa femme. En tout cas c'est quelqu'un de très sympa, humble. Je lui souhaite tout mon courage dans son combat! Dans la Madeleine je reviens sur Nicolas Bonnefond, grimpeur reconnu dans la région Grenobloise, avec qui je fais l'ensemble de l'ascension. A 4 kms du sommet j'aperçois la tête de course. Un peu plus loin je me fais dépassé par un coureur d'AG2R La Mondiale, un fossé entre nous! Ca monte très très vite! Je m'arrête 2-3 min au sommet pour recharger les bidons et boire un coup et là je m'aperçois qu'ASO a mis son dispositif pour chronométrer notre ascension plus loin. N'importe quoi! Je suis alors aux alentours d'1h40 d'ascension pour la Madeleine soit à peu près le même temps qu'il y a 3 semaines alors que je m'étais promis de la monter moins vite. La descente se fait sur route mouillée et à vive allure sous l'impulsion de deux coureurs du Team Type 1 Sanofi. Je me fais décrocher ne voulant pas prendre de risques.

Passage à la Chambre



La vallée se passe bien. Ca roule à bloc pendant les 10 kilomètres et nous rattrapons le groupe qui m'a lâché dans la descente. Arrive alors le GROS morceau de la journée. Le col du Glandon, le genre de col que je déteste au plus haut point! Au début de l'ascension je suis obligé de m'arrêter pour satisfaire un besoin personnel. Je vais lâcher le groupe avec lequel j'étais et surtout perdre 4 bonnes minutes dans l'affaire mais je ne pouvais pas faire autrement. Je repars alors et recroise les deux coureurs du Team Type 1 qui font la montée tranquillement, nous discutons pendant un petit kilomètre en anglais. Puis je décide de monter à mon rythme. Arrive alors le ravitaillement où je m'arrête une nouvelle fois. Mon expérience l'an passé du tour de l'ain où j'ai roulé sans eau 40-50 kms est restée ancrée dans ma mémoire. J'aurai fais tout les ravitaillements sauf celui de la Chambre. Arrive alors les 3 derniers kms avec de grosses rafales de vent. Et comme prévu j'explose! Je ne parviens pas à franchir un cap dans ce genres de pourcentages! Je suis collé à la route mais parviens à rattraper du monde! Des mecs surtout très maigres! Des grimpeurs qui se font rattraper par un non grimpeur, c'est que je ne dois pas être trop mal finalement. 
En haut de la croix de fer je m'arrête un long moment (environ 5-6 min) pour faire le plein d'eau et surtout manger parce que je commence à avoir faim. je vois beaucoup de coureurs me passer devant mais tant pis! Je suis aux environ de la 450ème place en haut de la Croix de Fer. Je me lance dans la descente que je fais très doucement, je m'étire, m'alimente et attaque dans la foulée le col du Mollard. Je le passe bien dans l'ensemble. En haut l'organisation m'annonce que je suis 480ème. Je m'arrêtes à nouveau un bon moment pour boire et refaire le plein. Puis je me lance dans la descente où je rattrape une bonne vingtaine de coureur. J'ai adoré cette descente, quel régale de la faire sur route barrée. 

Un dernier arrêt au ravitaillement où je fais le plein en aliment et en eau. Je fais alors connaissance avec Jean-Luc Botto qui me suivait sur Twitter. J'attaque alors La Toussuire sous un soleil de plomb. Je gère la montée du mieux que je peux mais m'en sors pas trop mal jusqu'à Villarembert où je sens que le moteur chauffe du fait de la chaleur. Je m'arrête à un point d'eau où je refais le plein en eau et surtout où je plonge la tête entière dedans. Philippe du club vient de me reprendre et me dis de m'accrocher peu avant Corbier mais je lui dis de filer. Je préfère rouler à mon rythme dans une ascension. Arrive alors les 3 kms difficiles au niveau de Corbier où je commence à faiblir. Je m'accroche comme je peux mais les crampes ressenties depuis le Mollard ne semblent pas vouloir me lâcher. C'est de plus en plus dur! Arrive alors les 3 derniers kms où j'aperçois la flamme rouge. On m'annonce que je suis 520ème. A 1,5kms de l'arrivée je remets la plaque et donne tout, je rattrape environ une vingtaine de coureurs! Je donne tout et sprinte dans les 300 derniers kilomètres, je franchis la ligne crampé et complètement cuit mais relativement content. Des personnes me pousse pendant quelques mètres car je suis incapable de donner un coup de pédale. Mes jambes sont raides. Je dois franchir la ligne aux alentours de la 500ème place.
Le village  Le Corbier

Le dernier kilomètre!


J'accompagne Julien quelques mètres lors de son arrivée.

Julien et moi pour le souvenir!



Bilan:

Je termine cette étape du tour en 7h46, temps ASO comprenant les arrêts. J'ai dû dans l'ensemble m'arrêter environ 10min voir un petit plus, je n'ai bénéficié d'aucun ravitaillement personnel contrairement à d'autres mais ça fait parti du jeu. Sans ces nombreux arrêts (ravitos, ...) j'aurai pu gagner 70-80 places et accrocher le top 500. Je finis en effet 587ème du fait des coureurs qui sont partis derrière dans d'autres SAS. Sur la ligne j'étais bien aux portes du Top 500. Je suis content dans l'ensemble de ma course même si j'ai une pointe de déception car j'ai perdu beaucoup de places inutilement. Je m'étais fixé un objectif entre 07h15-07h30 et sans les arrêts j'y suis très proche. Au niveau de la place j'espérais accrocher une place entre 400-500 finalement sur la ligne j'y étais. 

Ce que je peux dire c'est que cette EDT confirme bien quelque chose. Je savais que je n'étais pas un grimpeur et ça s'est confirmé au cours de cette journée. Je parviens à m'exprimer davantage sur de vraies courses rythmées, vallonnées où il n'y a pas de place pour les petits détails comme les ravitaillements, où tout se fait généralement à la pédale. Je parviens aussi à m'exprimer davantage sur les contre la montre. 
Deuxième leçon, on ne peut courir 2 lièvres à la fois. Mon mois de juin était basé sur l'EDT et le championnat de France de dimanche prochain et j'ai pu constater au cours de ce mois qu'il était difficile voir impossible de préparer les deux parallèlement. Je me suis davantage concentré sur les France, je l'ai payé clairement sur l'EDT et je vais peut être même le payer la semaine prochaine par manque de fraicheur physique mais surtout à cause d'une rotule très douloureuse au moment où j'écris ces lignes. 
Richard Lavernhe, mon ami, est le parfait exemple du coureur qui a préparé cette EDT de la meilleure des manières. Ces 2-3 derniers mois il a peu couru mais s'est préparé sérieusement pour cela. Le résultat est sans appel, 55ème sur la ligne et 62ème classement ASO. Bravo!

L'arrivée de Richard


Un grand chapeau à Robin Cattet qui s'impose en solitaire avec 8 minutes sur le deuxième. Quand je suis arrivé à Grenoble il y 2 ans il dominait déjà de la tête et des épaules les grimpées. 

Je pense que cette Etape du Tour sera la dernière pour moi. Ce type de course ne me correspond pas du tout! Je préfère les parcours plus vallonnés du type Corima, Specialized où les bosses se montent sur la plaque. 

Un dernier paragraphe pour mon "Keupin" Julien qui a souffert sur ces routes! Comme moi il a embrayé dans La Madeleine et l'a payé par la suite. Une journée galère pour lui! Il termine en 8h à la 820ème place. Mais connaissant le monsieur la semaine prochaine il va falloir compter sur lui d'autant plus qu'il aura le dossard 3 sur le championnat de France et il sait gérer ce genre de RDV.

8 commentaires:

  1. Belle sortie tout de même mon poulet et encore un beau résumé, pas de regrets à avoir les arrets aux ravitos sont indispensables. Même un gros comme moi qui mange pas beaucoup d'habitude, je peux de te dire que je les ai beni hier.
    Sinon t'as vu un peu les temps du grimpeurs, faut que j'arrétes je crois que je me transforme en leader, c'est pas bon ca.
    Sinon pour ma première étape du tour, je suis content de ne pas avoir payé, quand je vois le panier ravito à la fin. C'est un beau business.
    J'encourage les cyclsistes à décourvrir des cyclos beaucoup plus sympa, conviviale avec un bon repas réparateur à la fin. Pour ex les copains, la marmote d'olt ou la limousine.
    Merci à laeti pour les photos d'arrivée.

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  2. En tout cas les ptites cuisses ont bien marché hier. je ne t'ai même pas félicité tellement j'étais sec à l'arrivée! Bravo le sprinteur pour cette très belle perf. Je te passerai la photo de ton arrivée! ;)
    Il est clair que c'est un business, mais ça reste le mythe de n'importe quel cycliste!

    A dimanche pour les France! ;)

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  3. Tres belle course, vous pouvez etre fiere de vous en tout cas. Moi je suis tres fiere de toi mon coeur.
    @David: je t'enverrai les photos quand j'y pense et que je suis devant l'ordi.

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  4. C'est vrai que c'est mythique pour un cycliste, mais je pense que l'organisation devrait se montrer un peu plus exemplaire sur plein de choses pour être au niveau du mythe.
    La bouffe, l'accueil et le summum pour moi ce serait de délivrer un message de respect de la nature pour les cyclistes.
    La charte eco respect sur leur site c'est un peu de la rigolade quand on voit tout au long de la route le tas de merde qui traîne.
    Ça fait un peu vieux grincheux mais c'est des trucs que je trouves insupportables, car c'est vraiment pas dur de mettre un pipette vide dans sa poche. Sinon ca restera un bon souvenir tout de même.
    Surtout quand c'est partagé avec des potes, putain comment on va faire l'année prochaine!!!!!

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  5. Félicitations, c'est quand même une sacré perf que tu as faite !

    Je te confirme que préparer à la fois des épreuves d'endurance (7h en montagne, à devoir tout faire au seuil pour se gérer) et à la fois des épreuves d'explosivité (2h avec des à-coups) c'est quasiment impossible.
    C'est possible quand on a un très gros niveau, car finalement les à-coups de france ne font que te mettre au seuil quelques minutes, mais pour le commun des mortels c'est impossible de faire une belle place sur les 2 épreuves. Te concernant, je pense que tu fais partie de ces "gros moteurs" et si ta rotule te laisse tranquille je suis convaincu que tu digérera pas trop mal les France dimanche.

    Bonne récup'

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  6. Bravo, bravo, bravo... Vous êtes venu, vous avez vu, vous avez vaincu. Aller au bout n'était déjà pas gagné d'avance, mais en moins de 8h00 c'est encore plus fort.

    @David : je partage totalement ton avis sur le manque de respect de l'environnement de la part d'un trop grand nombre de cyclosportifs qui balance tout dans la nature. C'est juste insupportable, et ça traduit un comportement égoïste qu'on retrouve hélas de plus en plus dans notre société.

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  7. Bon, et les championnats de France Ufolep, ça a donné quoi pour Julien et toi ?

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  8. @Franck: l'article sera en ligne dans la semaine, je n'ai pas eu le temps vu que je suis en vacances.
    Me concernant le genoux m'a lâché au bout de 20 bornes du coup je fais 65ème à l'arraché. J'ai d'ailleurs 3 semaines d'arrêt là! Julien termine 67ème après avoir tenu les meilleurs pendant plus de 70 kms.

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